Ce qu'ils en disent

La Bartavelle

Les bonnes tables par Guy Lemaire.

Il a quand même eu une riche idée, Bernard Cornu, en installant la Provence sur les hauteurs de Liège ! C'était. quand on aime on ne compte pas. Plus de quinze ans déjà.
La Bartavelle fait toujours entendre les cigales à Liers, près de l'ancienne gare, tout au bout de la route qui longe la Clinique Saint-Vincent.
Il y a progressivement aménagé un petit « hors du temps et de l'espace » sympathique en diable. Dans une salle plus longue que large, on respire la déco provençale, entouré d'ouvres d'art qui ont du sens. Le patron aime les artistes et les met depuis longtemps en vedette.
Dedans.et dehors, puisque des sculptures habitent le carré d'herbe qui prolonge la terrasse. On se prend souvent à avoir envie de prendre l'accent de Marius -mais celui de Tchantchès fera tout aussi bien l'affaire : ces deux- là partagent une même convivialité complice. Pastis d'un côté, pékèt de l'autre, bel appétit en commun.
La grande nouvelle, c'est que Bernard Cornu a changé de chef. Et c'est encore à une femme qu'il a eu raison de faire confiance pour faire tourner la Bartavelle. Roxane Vrancken (on l'a connue à la Tentation) est jeune, inventive et diablement motivée. Elle reste fidèle à la ligne de conduite qui fait la personnalité de l'enseigne. On baigne donc dans une Provence plus authentique que de carte postale.
Des parfums, des couleurs, des produits de là-bas. Pas de sauces inutiles et pesantes ; on privilégie les traits, les jus, les petits exhausteurs naturels de goût. On se la joue marseillaise (allons, enfants.) avec une riche soupe de poissons ou le plat du jour du vendredi (la bouillabaisse). On favorise une grosse gourmandise avec une déclinaison de foies gras (18€) qui risque bien de faire percoler votre taux de cholestérol. Plus nuancée, la tarte fine de tomates pomodori et filets de rouget de roche (16€). Les plats principaux avantagent autant les poissons que les viandes. Au nombre desquelles un plat remarquable : la pièce de bouf grillée au jus corsé à la truffe noire, rösti de pommes de terre, os à la moelle grillé à la fleur de sel de Camargue et échalote confite (25€). Excusez du peu.Les desserts sont agréables, parfois étonnants ou franchement délicats comme la crème brûlée à la vanille (7€).
J'aime beaucoup. On précise que tout cela et bien d'autres suggestions composent, au choix, un menu 3 services à 35? (prix aimable) et je vous conseille vivement de préférer la sélection de vins de Bernard (25€) qui a le don de dénicher des vins d'auteur, parfaitement appropriés à la cuisine de Roxane (la bonne recrue !). L'ensemble est cohérent, gourmand et l'environnement invite à s'attarder, tant au déjeuner que le soir. On ferme les yeux et bien sûr qu'on est déjà en vacances « là-bas ». !

La cuisine ensoleillée des vacances avec un plus dû au tempérament ainsi qu'au savoir-faire féconds et raffinés de Catherine Cornu. Un point d'évasion cher aux Liégeois de riche nature et de bel appétit.

Guide Delta 2005

Une parcelle de Provence…Pas une Provence de carte postale !
La vraie, où l’eau ne coule des collines que pour noyer le pastis, où le soleil paresseux ne se lève que pour caresser les vignes, où le vent ne souffle que pour faire chanter l’âtre, où le feu ne brûle que pour saisir des poissons fins ou des viandes goûteuses.

La Provence, tellement vraie que, près du bar, l’on devine presque les réparties chantantes des joueurs de Manille ; tellement vraie que, depuis la terrasse, l’on voit presque des cigales qui flemmardent dans l’herbe.

La Provence, tellement vraie que l’on y retrouve cette cuisine, aux épices malicieuses, aux sauces parfumées et à la présentation colorée, qui plonge ses racines dans le plus divin des terroirs, celui où l’on cultive la paresse comme vertu cardinale.

A la Bartavelle, il n’y manque que la partie de boules et la sieste. Personne n’est parfait…

Pour Catherine et Bernard Cornu.

Daniel Joris

Tous les cuisiniers d'aujourd'hui (ici, c'est une cuisinière) sont des obsédés du Midi. Certains le traduisent mieux que d'autres. On joue ici en première division. On adhère au talent naturel et pas prétentieux pour 2 sous de cette Madame Pagnol qui n'a pas fini de faire parler d'elle.

Guide Henry Lemaire, 2000 
 

Les Bonnes Tables de Guy Lemaire

Avec un brin d’imagination, les yeux fermés et le vin aidant, on croirait entendre le chant des grillons, le souffle du mistral, l’accent de Pagnol et le bruissement d’ailes du vol de la perdrix des montagnes ou bartavelle qui donne son nom à cet établissement.

Il est tout juste si les joueurs de boules ne tirent ou ne pointent pas sur la place de la Gare de Liers.

C’est pourtant bien sur les hauteurs de liège et sur le territoire de Herstal que nous sommes. Chez deux fous de Provence, il est vrai et dans le bon sens du terme : Catherine et Bernard Cornu.

En fait leur restaurant aurait tout aussi bien pu s’appeler " Côté sud ", " La Petite Provence " ou " En plein midi ". Cette région-là qui est celle de leur cœur et qui donne fort heureusement toutes ces allures à la carte à boire et à manger. En fait nous nous trouvons rien moins que dans le plus authentique des restaurants d’inspiration provençale de la région et peut-être même au-delà. Autant dire que les aromates, l’huile d’olives, l’ail, la sauge, le safran, les olives, la fleur d’oranger et les pignons de pin sont ici à la fête et s ‘entendent toujours pour se retrouver dans l’une ou l’autre des préparations.

Il n’est pas jusqu’à l’aménagement intérieur (sans oublier l’agréable terrasse arrière de l’été) qui n’ait suivi. On se croirait ni plus ni moins que dans une revue de décoration provençale du meilleur goût et les arrondis là où ils étaient nécessaires et pour meubler le tout dans des teintes chaleureuses et point prétentieuses. L’absence de nappe n’enlève rien à l’élégance de l’endroit. Au contraire, elle rappelle davantage encore le soleil, la lumière et l’aspect brut du lieu.

Bernard Cornu et sa jeune épouse sont également des amateurs d’art éclairés qui livrent régulièrement leurs murs aux cimaises d’artistes de la région réellement créateurs. Un autre plaisir. Tout comme dans le midi (enfin, dans la plupart des endroits…) Les Cornu ont le sens de l’accueil qui n’est pas télécommandé et d’une convivialité qui n’est pas que commerciale. Ceux qui y ont leurs habitudes le savent bien et les autres qui découvriraient l’endroit pour une première expérience ne seront pas regardés en chien de faïence. On mange ici autant avec les yeux d’abord qu’avec un bel appétit parfumé ensuite.

La carte des vins n’est pas que de circonstance. Elle se veut également en parfaite intelligence avec les mets proposés. Le patron vous tirera vite d’embarras puisqu’un de ses plaisirs est de vous conseiller sans vous arnaquer quant au prix.

Tout cela est éclatant de bonheur et de parfum. Une maison très jeune encore et qui depuis trois ans que je ne l’avais visitée a gagné en maturité et semble avoir trouvé son rythme de croisière. Dans ces conditions, il est normal que les projets affluent. Toujours sous la même déclinaison provençale. Pourquoi pas un rêve ici plus qu’un restaurant…Mais n’anticipons pas !

Guy Lemaire. Avril 1998